samedi 2 février 2008

Le bilan des 4 ans

2 février 2004-2 février 2008. Quatre ans que je suis là et je n'en reviens pas que ça fasse déjà si longtemps. Et pourtant c'est bien ça...un an de Programme Vacances-Travail, un an de permis de travail temporaire avec un job stable, un an de galère de visas et un an de résidence permanente et de stabilité à nouveau. Comme je ne l'ai encore jamais fait, je pensais établir un petit bilan récapitulant mes pensées sur le Canada. Ceci n'engage que mon opinion bien sûr.  

Points négatifs:

  -Le système de soins de santé. Franchement c'est pas rassurant; certes la visite chez le médecin, les urgences à l'hôpital et les médicaments de base sont gratuits, mais j'ai l'impression qu'en contrepartie on reçoit un service de mauvaise qualité et peu d'attention de la part du personnel soignant. Quand on va chez le médecin, on bénéficie d'un service; en tant que tel, on traite les symptômes à l'origine de la visite, on distribue des médocs à la volée, on passe peu de temps avec le patient, et on ne fait donc pas de prévention. Il y a trop d'intermédiaires entre le patient et son médecin: on raconte son histoire à l'accueil, puis à l'infirmière qui à son tour transmet les données au médecin qui ne passe que quelques minutes avec le patient. Je n'ai pas encore établi de relation de confiance avec un médecin ici et je sais que personne ne me connaît bien; je sais que mon médecin n'a pas mon historique médical en tête quand il me voit. Le plus agaçant, c'est les soins qui sortent du cadre de la médecine générale et qui nécessitent une bonne mutuelle. Le plus voleur de tous c'est le dentiste. 65$ la visite, 150$ le détartrage, 120$ la carie, 1600$ la couronne + nettoyage des racines...Je vais devoir débourser des milliers de dollars pour mes dents, et une grande partie ne sera pas remboursée. 

-La machine à fric. En Amérique, tout est possible. C'est parce que tout est payant. Un mot du médecin pour pas aller au travail? Pas de problème, 10$ l'attestation. Tu veux garer ta bagnole sur la pelouse de ton terrain sur lequel est construite ta maison? Pas de problème, 100$. La ville est sur le point de faire faillite? Pas de problème, on double les droits de mutation immobilière dans 6 mois, et on augmente les taxes foncières de 3,5% dans la foulée, ah et puis pourquoi pas ajouter une taxe sur le ciné, et sur d'autres divertissements? Tiens, pourquoi pas sur les bouteilles d'eau et les poubelles? Mon arnaque préférée du gouvernement ce sont les taxes sur l'essence: les prix à la pompe fluctuent tous les jours, et montent en flèche le weekend et les jours fériés quand les gens se déplacent beaucoup. J'aime aussi beaucoup le prix des bouteilles d'alcool qui prend 20 cents de consigne, alors qu'on ne peut pas ramener les bouteilles vides dans les magasins officiels du gouvernement qui vendent l'alcool pour récupérer la consigne; non, il faut aller dans le magasin qui vend uniquement de la bière, et il n'y en a pas à tous les coins de rue. Une autre arnaque favorite reste la carte de métro qui prend plusieurs dollars chaque année alors que le service est de pire en pire. Cette année, la carte augmente de 10$ PAR MOIS. Et personne ne descend dans la rue, ne boycotte, ne révolutionne, ne lance des pavés, ne fait grève...  

Points positifs:

 -La nature. Quelques heures de route, que dis-je, 1h ou 2, et on se retrouve dans la nature. C'est beau, simple, préservé, varié, assez sauvage. Malgré l'immensité du pays, c'est facile de se déplacer si on a pas peur d'avaler du kilomètre et de passer des journées entières à rouler. J'aime avoir des saisons bien marquées, enfin les trois saisons que je vois ici: été, automne, hiver; le printemps est presque inexistant. Les animaux sont omniprésents; certes je n'ai vu ni loup ni ours (tant mieux), mais même en ville on peut voir des écureils tous les jours, ou des ratons-laveurs, des biches etc... Une sortie-camping et on aperçoit un orignal, un castor, des traces de loups et de loutres, des oiseaux originaux, des faucons, des dindons sauvages. La nature à portée de main, c'est ça le Canada pour moi. 

-L'accessibilité. Le pouvoir d'achat. Il est plus élevé qu'en France. Je n'ai pas l'impression que les salaires sont plus importants ici, pourtant on fait plus de choses. En même temps je n'ai pas trop d'éléments de comparaison vu que j'ai presque toujours mené une vie d'étudiante en France. 

-Les procédures administratives. Que dire, c'est tellement plus facile. On passe certes du temps en salle d'attente mais on perd moins de temps en règle générale. Et ça arrive plus souvent que chez nous de tomber sur un fonctionnaire souriant. Et pour louer un appart par exemple, si tu as les tunes pour payer, pas de problèmes, on va pas te demander les fiches de paie et les avis d'imposition de toute ta famille. 

 -L'esprit citoyen. Les gens sont dans l'ensemble plus sympas ici. Trop polis je trouve d'ailleurs, mais accueillant et respectueux. On se tient la porte sans arrêt, aussi bien hommes que femmes, on se donne la priorité quand on n'est pas sûr de savoir à qui elle revient, on se fait pas de doigt au volant, on fait la queue devant les portes du métro, etc. 

 ****** Je mettrai peut-être ce post à jour si j'ai des choses à rajouter. En 4 ans j'ai quand même fait du chemin. Je suis arrivée seule en pensant galérer pendant 1 an et revenir en France. Puis j'ai trouvé de meilleurs postes et j'ai eu envie de rester et d'en profiter un peu quand même à l'approche de la trentaine, de laisser derrière mois la vie d'étudiante. Quatre ans plus tard, je peux dire que tout va bien. Je me sens bien dans mon pays d'adoption, même si "la maison" ce sera toujours la France. Je me sens parfois partagée entre l'envie de retourner en France et de retrouver une mentalité qui me convient plus et la volonté de rester ici et de faire mon nid. Pour le moment je reste et je profite.

mardi 22 janvier 2008

Traîneau à chiens à Haliburton

J'ai enfin réalisé ce rêve que j'ai nourri depuis 2 ans! Beaucoup de français en rêvent lorsqu'ils viennent au Canada: faire du traîneau à chiens, ou du chien de traîneau comme on dit chez nous. Moi, ça ne m'avait jamais traversé l'esprit. Je pensais que c'était un cliché de touristes et j'avais bien constaté en arrivant ici qu'on ne se déplaçait pas comme ça!
Mais après avoir lu un article dans le journal, j'en ai eu envie: un goût d'aventure, une activité sportive, de beaux paysages, des chiens magnifiques à câliner, il ne m'en fallait pas plus! J'ai essayé d'aller en faire en mars 2007 mais la météo n'était pas de mon côté; idem à noël quand mes parents sont venus, il a plu toute la journée où on avait réservé. Frustrée, j'avais décidé il y a quelques semaines que j'irais cette année. Voilà c'est fait, après quelques semaines d'attente et beaucoup d'espoir pour avoir la météo de mon côté, je suis partie au Nord de Toronto avec mon copain George.
Le cadre: la forêt d'Haliburton, au Nord-Est de Toronto, juste au Sud-Est du parc Algonquin à 3h30 de route.
Le deal: un forfait demi-journée avec attelage des chiens et balade dans la nature, le tout pour quelques heures de bonheur.

Tout d'abord, quelques explications de la part du guide. 5 chiens et 2 personnes par traîneau. George commence par guider, et moi par poser mes fesses dans le traîneau (je tiens à dire que par -20 degrés, c'est pas le passager qui a la position la plus agréable). Le guide reste debout derrière le traîneau les pieds parallèles posés sur les patins du traîneau; il freine en appuyant sur une barre transversale en métal munie de crochets qui s'enfoncent dans la neige. Pour partir, il crie "hike" en poussant un peu le traîneau pour encourager les chiens; pour s'arrêter il crie "wow" en freinant; et puis pour recentrer les chiens distraits qui regardent le paysage ou vont sentir des trucs sur les côtés, il faut dire "no by"; et pour les empêcher de mastiquer la corde, "no chewing".

Devant le traîneau, la "gangline", corde principale, doit être bien tendue. Pour la préparation je tends cette corde pendant que les guides harnachent les chiens. Puis je tiens fermement les harnais pour pas que les chiens partent dans tous les sens. Et les huskies mes amis, ils ont beaucoup de force. Comme nous étions nombreux, environ 8 traîneaux donc au moins 40 chiens, toute la procédure a pris pas mal de temps parce que certains chiens se battaient et il fallait respecter l'équilibre des équipes. J'avoue qu'entourée d'une dizaine de chiens surexcités, de chiennes en chaleur et de mâles bagarreurs, je n'en menais pas large. Plus le moment du départ approchait, et plus ils commençaient à sauter partout, à se mordre et à aboyer comme des loups.
Nous sommes enfin partis pour une balade d'environ 11km.

Impressions? Quelques points négatifs...D'abord, le romantisme associé à l'aventure disparaît dès le départ, parce qu'en fait lorsqu'on est sur un traîneau, c'est le même principe que dans une calèche tirée par des chevaux: on voit surtout leur cul et ils font leurs besoins tout au long du trajet, ce qui dégage des odeurs fort désagréables surtout quand on se trouve dans le dernier traîneau... Mais c'est la nature, donc on ignore cette petite montée de nausée et on admire le paysage. Nous étions également trop nombreux et nous devions nous arrêter souvent. Je pense que les personnes de devant s'arrêtaient pour prendre des photos, résultat nous n'avons jamais glissé 1/4h non stop.
À part ces quelques désagréments, nous avons passé 1h40 sur les sentiers, ce qui m'a paru bien trop court!
Les paysages étaient magnifiques et malgré le froid j'ai adoré. Au retour nous avons traversé un lac, et de voir tous ces traîneaux avancer sur le lac gelé, silouhettes noires sur la neige éclatante en plein soleil, j'avais l'impression de regarder un documentaire sur Jack London et le grand Nord!

J'ai trouvé les chiens superbes et vraiment gentils. Ils s'en foutent un peu des gens, ils ne cherchent pas vraiment les caresses et regardent droit devant eux. On sent qu'ils n'attendent que le départ et ils ont une énergie débordante. Ils se tournaient vers nous seulement lorsqu'on s'arrêtaient, déçus manifestement de ne pas pouvoir filer à toute allure. Je recommande vivement cette aventure à tous ceux qui aiment la nature et les animaux. Guider un traîneau hors compétition est vraiment accessible à tous; il faut courir de temps en temps quand ça monte et crier bien fort pour que les chiens écoutent. J'espère bien refaire du traîneau à chiens un jour, plus longtemps et par des températures plus agréables.

Candy

Si ça vous tente, voilà le site de Winterdance : http://winterdance.com/

mardi 1 janvier 2008

Les parents, épisode 4

Ils sont revenus. Comme quoi, Toronto est une destination attrayante. Ils avaient envie de voir à quoi ressemble un hiver canadien; et de revoir fifille bien sûr. L'hiver canadien est tellement typique cette année qu'à quelques heures près leur avion n'aurait pas atterri pour cause de tempête de neige. Une tempête de neige, presque un blizzard avait-on annoncé. Résultat, plus d'une heure de taxi pour arriver à l'appart, 30 cm de neige en 24h, et un manque d'intérêt soudain de la part des parents pour aller visiter la ville le lendemain matin. Ils ne se sont tout de même pas laissés abattre et ont fait une promenade quotidienne, à condition qu'il y ait un chocolat chaud ou une pâtisserie à la clé...
Quelques jours avant noël, nous sommes partis au Nord de Toronto du côté du parc Algonquin, à Huntsville. Nous avions loué des chambres dans un B&B, une vieille maison en pierre datant de 1902, que l'on m'avait vivement recommandé. La demeure était certes magnifique, pleine d'antiquités, d'animaux de compagnie gâtés adorables...mais chauffée à l'ancienne par une chaudière à bois peu efficace pour des habitués du chauffage à 25 degrés (c.à-d. moi). Heureusement les draps en flannelle, les calins du chat et le petit déjeuner fournissant suffisamment de calories pour aller couper du bois ont compensé. Je suis déterminée à y retourner l'an prochain, en été.
A Hunstville, nous avons fait de la raquette dans le parc provincial de Arrowhead. Sans les bonnes vieilles raquettes en bois surnommées Bear Paw, on se serait enfoncé jusqu'aux genoux.
Alors à Huntsville, à 18h, y'a plus rien à faire. En hiver il fait nuit, les magasins sont fermés et je ne suis même pas sûre qu'il y ait un cinéma. Heureusement on a déniché un bon petit ''family restaurant'' servant des plats simples et bons pour pas trop cher. On a donc mangé tôt, à l'heure canadienne, c'est-à-dire vers 18h.
Le deuxième jour, qui était le jour le plus attendu du séjour, nous devions aller faire du traîneau à chiens. Malheureusement, c'est le jour où il a plus des trombes d'eau du matin au soir, non stop. C'était la déception chez les Mumu, et dire qu'ils devront revenir un hiver au Canada pour réaliser ce vieux rêve!
Nous sommes ensuite allés à Lindsay retrouver Shawn chez ses parents. Quelle rencontre attendue! Beaucoup de sourires, d'embrassades et de poignées de main échangés pendant ces quelques jours au cours desquels la communication verbale n'était pas vraiment possible. Tout s'est très bien passé néanmoins et noël c'est quand même universel donc on se comprend toujours!
Le matin de noël, nous avons ouvert les cadeaux tous ensemble . Je dois dire que j'ai été particulièrement gâtée entre mes parents, Shawn et ses parents. Un tas impressionnant de paquets soutenait le sapin. Pour moi, le meilleur moment reste l'ouverture du ''stocking'' ou bas de laine rempli de dizaine de petits trucs, utiles ou non, comme des savons, baumes pour les lèvres, chaussettes, carnet etc...
Le père noël, trop sympa, a offert des billets à ma maman pour aller voir la comédie musicale Dirty Dancing. Autant dire qu'elle était super excitée, et je n'étais pas en reste. Nous y sommes donc allées le lendemain de noël. Le spectacle avait lieu au Royal Alexandra Theatre dont c'était le 100e anniversaire en 2007. Nous avons passé deux heures de bonheur, la mise en scène est excellente. Pour les fans du film, c'est un must-see qui vaut vraiment le détour. Les dialogues du film sont très bien respectés et le travail effectué avec la lumière et le décor est incroyable. ''Nobody puts baby in a corner'', ''I carried a watermelon'', ''This is my dance space'': ces lignes mitiques sont maintenant imprimées sur des t-shirts pour les fans.
Le lendemain, c'était au tour de papa de profiter de son cadeau. Nous sommes allés dans un spa super classe du centre-ville. Au programme, sauna, jacuzzi, piscine et massage intégral d'une heure. En sortant, papa ne sentait plus son corps tellement il était détendu.
Et voilà, deux jours plus tard ils sont repartis. On ne dira pas qui a pleuré à l'aéroport, mais c'est toujours la même... ;)
Bilan, en hiver au Canada, il fait froid, on a pas envie d'aller dehors, surtout quand il neige et que ca vole dans la figure et qu'on a des manteaux certes super chauds mais pas imperméables...En plus y'a de la glace parterre et c'est casse-gueule pis il fait nuit à 16h30.
Depuis, il est retombé 15cm et il doit faire -15 demain, y'en a qui sont repartis à temps...