samedi 23 juin 2012


Welcome to Yellowknife

Ça y est, j’y suis, que dis-je, nous y sommes! Après quelques mois de réflexion et 2 semaines de préparation intense, je suis dans ma nouvelle ville d’adoption, Yellowknife, aux Territoires-du-Nord-Ouest. Avec Coco. Elle a survécu; après une lutte matinale acharnée pour la mettre dans sa nouvelle boîte de transport (rose), des grognements incessants à l’aéroport et un point culminant d’agressivité destinée aux douaniers ayant décidé de fouiller sa boîte à la recherche d’explosifs, la bête s’est calmée dans l’avion, installée sous le siège devant moi et isolée par une couverture posée sur sa boîte. Et heureusement qu’elle avait pris un calmant. Moi aussi. J’ai dû courir pour pas rater mon avion à cause de l’épisode avec la sécurité aérienne. Heureusement, l’avion nous a attendues.
En moins de 4h de vol, nous sommes arrivées à Calgary; à peine 1h plus tard il était temps d’embarquer dans le CRJ d’Air Canada Jazz, soit un petit avion à hélices de 50 places. Et là, petit problème, les compartiments à bagages de cabine sont trop petits pour accueillir ma valisette; je ne peux pas la mettre à mes pieds car c’est là que va Coco ; l’hôtesse de l’air ne veut pas la mettre en soute vu qu’il n’y a que des trucs fragiles dedans. Mais un gars vraiment sympa a proposé de prendre ma valise à ses pieds sous le siège ; peu après, l’hôtesse revient en me disant que les pilotes voulaient bien la prendre avec eux sinon... Pas trop de stress ici!

Je lutte contre les comprimés et reste collée au hublot; je veux voir le Nord. J’ai le temps de voir Calgary et quelques grandes étendues avant de somnoler, puis je me force à rester éveillée à l’approche de Yellowknife. Il y a de l’eau partout; je ne vois pas de route, mais des milliers de petits lacs et de sapins assez dégarnis. C’est beau, comme ce que je voyais à la télé : grand ciel bleu, sapins vert foncé, rochers clairs. Il fait super beau. 

Puis on survole le Grand lac des Esclaves, je sais qu’on est tout près. On se pose, on s’arrête en quelques secondes, et l’avion fait demi-tour en pleine piste pour aller vers le hangar, énorme! La descente se fait par un escalier sur le tarmac, il n’y a qu’un seul hall dont le tapis roulant à bagages est dominé par la sculpture d’un ours polaire chassant un phoque sur une plaque de glace; je n’ai pas de photo, dommage.
Comme promis, Shannon vient me chercher et a poussé la gentillesse jusqu’ à m’amener mes cartons qu’elle a réceptionnés, de la litière et une caisse pour Coco. Sachant que je suis fan d’Ice Pilots, elle fait un petit crochet jusqu’au hangar de Buffalo Airways puis m’oriente un peu dans mon nouveau quartier. En 10 minutes nous sommes chez moi. Je découvre mon apart et rencontre mon coloc, Cale. L’appartement est très lumineux, spacieux et agréable, je sens que je vais m’y plaire. C’est propre et Cale a littéralement amené le contenu de son apart avec lui depuis la C.-B., donc il ne manque pas grand-chose.

Nos fenêtres donnent sur un monticule rocheux parsemé de sapins d’où la vue sur la ville doit être plutôt sympa. Fatiguée de mon périple, il est temps de me coucher sur mon matelas de camping; en ce jour du solstice d’été, je ne verrai pas le coucher du soleil prévu pour 23h40...

dimanche 19 février 2012

-Weekend dans la région de Muskoka-

 C’était mon anniversaire. 35 ans. Je sais, moi non plus je n’en reviens pas. Vu que je ne tiens plus trop l’alcool après 3 verres, je n’avais pas vraiment envie de faire la fête dans un bar; alors pourquoi pas un petit weekend d’adulte respectable (hum) dans un cottage? Les copains sont d’accord, c’est parti pour la recherche. On me donne un lien très pratique pour chercher un cottage au Canada, bien fait comme le site BBCanada: Cottage Rentals in Canada (http://www.cottagesincanada.com/). Alors, une région pas trop éloignée au cas où il neige beaucoup sur la route, mais de jolis paysages et des lacs, puis des collines aussi et des parcs accessibles, bon ben Muskoka alors! Autre critère, nous sommes 8, plus 2 petits, donc un grand cottage. Vite trouvé, je réserve un joli chalet au bord d’un lac à l’est de Baysville, au sud de Huntsville/Algonquin. (http://www.cottagesincanada.com/goldengetaway)
 À noter la nouvelle tendance du groupe pour les repas d’anniversaire dans les pires endroits;  l’été dernier, Aymeric avait fêté ses 30 ans au MacDo et dans un bar un peu glauque de Parry Sound; je fête donc mes 35 ans dans un MacDo de la Hwy 400, qui plus est dans un Walmart. Comme quoi, on ne peut pas être partout à la fois, entre le resto classe et le cottage, des fois, il faut choisir. Mais je n’oubliais pas le cheesecake et le bon vin que j’avais dans le coffre…

Nous avons été soulagé et surpris de trouver pas mal de neige à notre destination. Il y avait une bonne base de 30-40cm et c’était tout blanc. Nous avons beaucoup aimé le cottage sur deux niveaux avec l’accès au lac en contrebas, le salon confort et son poêle à bois, son lave-vaisselle et son aspirateur dernier cri (hum, en 1975 alors…). Une table suffisamment grande pour accueillir toute la famille, de la place pour tout le monde sur le canap et les fauteuils, que demander de plus? Un cheesecake et un Graves 2003? Done! 

Le samedi, -12º, soleil éclatant, balade sur le lac gelé. Seule je ne l’aurais pas fait et je pense encore qu’on a pas été malin de le faire, mais j’avoue que ces étendues blanches sont très tentantes. Chaque année des gens meurent en passant à travers la glace et en se noyant (même des locaux), qu’ils soient à pied ou en motoneige. Pour info, voilà un lien de la Croix rouge canadienne: http://www.croixrouge.ca/article.asp?id=2571&tid=024 
 
 On a sûrement pas suivi les recommandations qu’on ne connaissait pas, mais il ne nous est rien arrivé. D’après une locale, il faut éviter de rester près de la rive car l’eau y est plus chaude, donc la glace plus fine, de même que près des obstacles comme les rochers, les pontons, etc. Si on entend la glace craquer la nuit, c’est bon signe car ça veut dire que le lac regèle. Par contre, quand on est dessus et que ça craque, pas bon. Bref, j’ai vu pas mal de conseils assez différents sur le net, le plus censé me semble d’apporter un outil permettant de vérifier l’épaisseur de la glace la prochaine fois, et je préfère rester pas loin du bord et m’enfoncer jusqu’aux cuisses si ça casse plutôt que de passer sous la glace au milieu d’un lac et de ne pas pouvoir remonter à la surface. Bref, il faut savoir que No Ice is Safe et que l’on y va à ses risques et périls.



 Ceci-dit, la balade était superbe, les glissades sournoises et les chutes rapides ;-) Le petit Thomas était fasciné par les motoneiges et se moquait bien de mon snow angel fait juste pour lui… Après presque 2h de balade, on avait un peu froid et on se rêvait bien un petit remontant, genre brioche, cheesecake et chocolat chaud. On avait de quoi nous occuper le soir : préparer à manger, manger, boire, jeux de société, karaoke, livres, etc.
 Le dimanche, après avoir nettoyé le cottage, honoré les pots de Nutella, dulce de leche, crème de chataigne, etc. et préparé nos sandwichs, nous sommes allées au parc provincial de Arrowhead (http://www.ontarioparks.com/english/arro.html) près de Huntsville. Étant proche de la Hwy 11, l'accès y est très facile pour repartir le soir, et on y trouve une boutique pour louer des skis et des raquettes, ce que tous les parcs ne proposent pas. Nous avons fait un sentier de raquette, mais à pied car la neige était tassée. À noter la présence d'un circuit de patin à glace pour la prochaine fois. Je n'avais jamais pensé qu'on pouvait faire du patin ailleurs que sur une patinoire, et j'avoue que l'idée de patiner dans les bois est assez tentante. Donc, un weekend d'anniversaire vraiment réussi, je pense qu'on devrait faire ça pour chaque anniversaire des copains...

 

 

 

 




vendredi 23 septembre 2011


 
 Souvent décrit dans les guides touristiques comme l’un des joyaux de la Couronne des parcs provinciaux de l’Ontario, le parc Killarney me faisait envie depuis longtemps. J’y été certes passée avec les parents il y a deux ans à l’occasion d’une courte randonnée de quelques heures qui n’avait fait que me mettre l’eau à la bouche, mais j’avais très envie d’y faire du canoë-camping et de profiter de ses lacs. C’est maintenant chose faite, 4 mois après avoir réservé un emplacement pour 9 personnes. L’équipée de pieds nickelés était composée de 3 français, 2 Québécois et 4 Bretons (aïe j’ai mal!), et on peut s’avancer et dire que les Bretons ont vaincu la malédiction de la pluie qui ruine les weekends (enfin bon, me suivez pas à Vancouver non plus, la ville présente déjà un sérieux handicap…).

À noter nos très bons temps réalisés sur la route, sans bouchons majeurs, ce qui est assez inattendu pour des trajets le vendredi soir et le lundi soir d’un long weekend. Un périple mémorable donc. Aymeric se souviendra sans aucun doute de ses 30 ans célébrés dans le sports bar de Don Cherry à Parry Sound autour de quelques pichets de bière (dans le quartier où ça bouge et où on sort, dixit le concierge de notre motel, une fois qu’on a accepté le concept de quartiers dans une petite ville qui compte une seule rue commerçante).
On ne citera pas les noms de ceux qui n’ont pas lu THE Ultimate Camping List mise au point par Thomas, ni ceux qui n’ont pas remarqué qu’il y a avait TROIS onglets dans le doc Excel, ni ceux qui sont partis un peu vite de chez eux en oubliant quelques affaires, sûrement bien disposées tout près de la porte d’entrée dans la cuisine…

Alors, canoë-camping, mode d’emploi. On choisit d’abord un point d’accès dans le parc, dans notre cas Carlysle Lake au sud (bon, c’est tout ce qui restait quand j’ai appelé, j’avoue); on calcule la distance qu’on peut couvrir en pagayant et on croise les doigts pour que l’emplacement ciblé soit libre. Mais d’abord, il a fallu jouer à Tetris pour répartir le matos et nos affaires perso dans les 4 canoës et le kayak. Facile. On a commencé à réaliser qu’on risquait pas d’avoir faim au cours du weekend. Franchement, qui calcule 5 tartines par personne au petit-déj? Multipliées par 9, puis par 2 jours, ça fait 6 pains, plus du pain pour les sandwichs, et les brioches et bagels rajoutés au dernier moment, nos provisions de pain remplissent déjà le bidon de 45 litres. Par contre avec 50 litres d’eau et 30 degrés dehors, on risque d’avoir un peu soif si on gère mal. Que nenni, les aventuriers ont apporté des pastilles pour désinfecter l’eau du lac, ocazou.  
Après à peine 1h de canoë (ouais, c’est un peu light), nous nous arrêtons au campement de tous nos désirs : le site nº55 sur Terry Lake. Une bande de terre rocheuse surélevée entre deux lacs, couverte de sapins. La vue est superbe, l’emplacement stratégique pour la balade du lendemain, la disposition adéquate pour y planter les tentes. Reste à amarrer les canoës et à monter les affaires, les rochers sont lisses et couverts de mousse glissante dans l’eau et la pente est raide. Mais avec 9 paires de bras, échec impossible. Une fois toutes les affaires montées sur le talus, c’est l’heure du pique nique, c’est qu’avec quelques nouveaux dans le groupe on a une réputation à tenir et du pain à avaler. Certains sont distraits par de nouveaux gadgets (tentes, appareils photo, hamac). Oh surprise, les bretons ont trimé pendant des heures pour préparer des galettes pour tout le monde, ça c’est sympa! Et c’est pas les chipmunks qui diront le contraire... L’après-midi est consacrée aux gros travaux : montage des tentes et de la bâche (toujours la même bâche très pratique, grande comme un terrain de football), collecte de bois mort pour le feu du soir, repérage jusqu’aux toilettes (la fameuse caisse avec le couvercle), reconnaissance des environs. Ensuite c’est baignade et canoë; il fait chaud, l’eau est super bonne.
Oh un explorateur!
Pour le repas du soir, on a le choix entre le byriani de légumes au curry ou les pâtes à la bolognaise, ça rigole pas. Même si on fait un feu parce que le camping sans feu c’est pas vraiment le camping, et aussi pour griller des chamallows, on a préféré apporter de la nourriture sèche et des plats faits maisons mais cuits à l’avance à cause de la chaleur.
Une fois qu’il fait nuit, le ciel est absolument malade! Des étoiles à foison, la voie lactée, pas de nuage : les geeks sortent les appareils photo pour une séance de clichés longue exposition. 
 Le dimanche, on se lève pas trop tard pour faire une randonnée appelée The Crack, la fissure; on embarque nos pique niques et de l’eau pour la journée dans trois canoës; étant trois par canoë, je ne pagaie pas à l’aller, quel bonheur! J’ai juste à parfaire mon bronzage, prendre des photos et râler après ceux qui pagaient, soit trois de mes activités préférées…Après avoir traversé le petit lac au bord duquel nous campons, il y a un portage. Heureusement, on a The Charlator avec nous, il est grand, il est fort, il est têtu et il aime les défis, donc il porte seul notre canoë sur 900 m, sympa. Ensuite on doit traverser un grand lac avant d’arriver au sentier.

Il fait vraiment chaud quand on se met en route. Nous marchons d’abord dans les bois, mais au bout d’un moment, on se retrouve sur des rochers blancs en plein cagnard; ensuite, on arrive littéralement à une fissure entre deux rochers, et on doit carrément escalader des éboulis. On a soif, on a mal et on a très chaud, mais la vue au sommet est absolument incroyable. Pour moi, la plus belle vue en Ontario depuis que je suis arrivée il y a 7 ans et demi : une enfilade de lacs à perte de vue et ces arbres typiques de la baie Georgienne.
 

La descente est périlleuse mais motivée par la baignade qui nous attend. Le soir, c’est assez calme autour du feu, tout le monde est bien cassé. 

Lundi matin, chagrin. Il faut tout plier et partir. Il reste du pain, pas d’eau. Les chipmunks ont pris 100g chacun et ont des provisions pour l’hiver. J’ai totalement déconnecté pendant ce weekend et j’ai repensé aux vacances de quand j’étais petite. Est-ce que c’était le camping? L’esprit de communauté, et donc de famille, du camping? Le paysage un peu méditerranéen? Le hamac? En tout cas, on reviendra, et gare à ceux qui essaieront de s’approprier le site 55 avant nous.